Dix femmes pionnières qui ont changé l’Histoire
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L’espace, l’Everest, le poste de Premier ministre… Tous ont aussi été conquis par des femmes. À force de volonté ou par goût du défi ou de la provocation, ces pionnières n’ont pas eu peur de briser les interdits. Tour d’horizon de ces femmes exemplaires à travers les siècles.
Kathrine Switzer, première femme à courir le marathon de Boston
Elle n’y était franchement pas la bienvenue. L’écrivaine se lance dans la course en 1967, avec le dossard numéro 261. Elle parvient à boucler le marathon en 4 h et 20 minutes malgré les autres concurrents masculins qui veulent l’empêcher de courir à leurs côtés. Aidée et protégée par son partenaire Tom Miller, elle a pu finir la course. Une provocation pour les organisateurs du marathon qui interdirent purement et simplement la présence de femmes parmi les coureurs jusqu’en 1972. Kathrine Switzer quant à elle, a remporté le marathon de New York en 1974.
Valentina Terechkova, première femme dans l’espace
Elle a fêté ses 80 ans, ce lundi, avec les honneurs de Vladimir Poutine. Valentina Terechkova a été la première cosmonaute à entrer en orbite autour de la Terre, en 1963. Elle avait 26 ans. La Mouette était son nom de code. Ouvrière textile, elle n’avait pas reçu de formation scientifique. Elle a passé trois jours dans un vaisseau Vostock dont la capsule était programmée pour monter, mais pas pour descendre ! Elle a pu corriger l’erreur manuellement avec l’aide de la station de contrôle. Une fois que le vaisseau a quitté son orbite, elle a pu s’éjecter à sept kilomètres d’altitude. Elle a gardé cette erreur secrète pendant 30 ans. À son retour, elle a obtenu son diplôme d’ingénieur en aéronautique, puis est devenue instructeure et a obtenu le grade de major-général de l’armée de l’air russe.
Junko Tabei, première femme à gravir l’Everest
« Je ne comprends pas pourquoi les hommes font tout ce tapage sur l’Everest, ce n’est qu’une montagne », déclarait-elle en 1975, après avoir atteint le sommet à 8 848 m d’altitude, 22 ans après le premier homme. La Japonaise a aussi été la première femme à accomplir l’exploit dit des « sept sommets », c’est-à-dire avoir grimpé la montagne la plus haute de chacun des sept continents. La découverte de son cancer ne l’avait pas empêché de continuer à gravir les montagnes. Elle est décédée à 77 ans, en octobre 2016.
Vigdis Finnbogadottir, première femme élue présidente
C’est l’Islande qui a élu la première femme présidente en 1980. Vigdis Finnbogadottir a été réélue trois fois de suite et a dirigé le pays pendant 16 ans. « Je voulais arrêter après douze ans. Mais il fallait nouer encore quelques relations avec des universités (18 d’entre elles lui ont décerné un doctorat d’honneur). Et ce n’est qu’au bout de quatorze ans que j’ai pu faire une conférence avec des femmes au Japon », confiait-elle à La Croix, en mars 2012. Avant d’être élue, Vigdis Finnbogadottir dirigeait le théâtre de Reykjavik. Elle est aujourd’hui engagée comme ambassadrice de bonne volonté pour le plurilinguisme auprès de l’UNESCO.
Amelia Earhart, première femme à traverser l’Atlantique en avion
Le 20 mai 1932, Amelia Earhart décolle de Terre-Neuve, à bord d’un Lockheed Vega. Elle affronte deux tempêtes, le givre, un altimètre cassé et se pose en catastrophe dans un champ de Londonberry, au nord de l’Irlande à la place de Paris. C’est ainsi qu’elle devient la première femme à avoir traversé l’Atlantique en avion et en solitaire. Cinq ans plus tard, elle disparaît alors qu’elle est lancée dans un tour du monde en avion.
Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France
En 1861, à 37 ans, Julie-Victoire Daubié est autorisée à passer le bac. C’est la première femme à pouvoir se présenter à l’examen. Elle l’obtient et ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle devient la première licenciée en Lettres, à la Sorbonne, en 1872 alors que les cours (mais pas les examens), sont interdits aux femmes. Elle quitte Lyon pour devenir journaliste économique à Paris. Elle meurt en 1874, sa thèse de doctorat sur la condition de la femme dans la société romaine reste inachevée.
Sirimavo Bandaranaike, première femme à la tête d’un gouvernement
« C’était le seul homme de son cabinet ministériel », disait d’elle un de ses collaborateurs. Figure du Sri Lanka, leader du Parti de la liberté, Sirimavo Bandaranaike a été trois fois Premier ministre du gouvernement de l’île : de 1960 à 1965, de 1970 à 1977 puis de 1994 à 2000. Son premier mandat commence un an après l’assassinat de son mari qui était à la tête du parti. Dès son arrivée au pouvoir, « Mrs B. » démarre une politique de réformes socialistes : nationalisation des écoles privées, des assurances, de la distribution de carburants, gratuité de l’enseignement, abaissement du prix des soins médicaux, subvention de la culture du riz… Grâce à sa politique, elle gagne la confiance des milieux ruraux et des plus défavorisés. Elle est décédée en octobre 2000.
Jeanne Barret, première femme à faire le tour du monde
Travestie en homme, Jeanne Barret, originaire de Bourgogne, embarque clandestinement avec l’expédition de Bougainville, à bord de L’Étoile, en 1766. À l’époque, elle était la compagne du naturaliste Philibert Commerson, botaniste du roi Louis XVI, qu’elle assistait. Comme les femmes n’étaient pas tolérées sur les bateaux, elle se fait passer pour le valet de ce dernier, un certain Jean Baré. Deux ans plus tard, alors que l’expédition arrive à Tahiti, la supercherie est découverte. Mais Bougainville l’autorise à continuer le voyage jusqu’à l’Isle de France, actuelle île Maurice, où son compagnon, Philibert Commerson meurt en 1773. De retour en France, elle reçoit le titre de « femme extraordinaire » par Louis XVI. Dans Supplément au voyage de Bougainville, Diderot écrivit d’elle, « ces frêles machines-là renferment quelques fois des âmes bien fortes ».
Olympe Versini, première femme étoilée au Michelin
Elle est la plus jeune cheffe de France, à 23 ans, à lancer son premier restaurant, à Paris, en 1973. Tout le monde s’y presse, les critiques sont dithyrambiques. Six ans après, la cuisine de cette autodidacte aux origines corses et italiennes est couronnée d’une étoile dans le fameux guide Michelin. C’est la première fois que le Guide rouge récompense une femme depuis la création du classement en 1,2 ou 3 étoiles lancé en 1931. Quelques années plus tard, en 1988, Olympe Versini laisse tomber son resto, ses chroniques à la radio et dans Le Figaro pour reprendre un petit bistrot. À la Casa Olympe, dans le 9e arrondissement de Paris, elle sert des plats en cocotte, révolutionnaires à l’époque. Il se dit qu’elle a inspiré aux scénaristes du dessin animé Ratatouille, le personnage de Colette Tatou.
Alice Guy, première femme cinéaste
À 16 ans, elle travaille déjà pour Léon Gaumont, au Comptoir général de la photographie. En 1896, elle filme, grâce à lui, sa première fiction, La Fée aux choux. Il lui met le pied à l’étrier et la nomme directrice du service des prises de vue. Partie s’installer aux États-Unis, elle fonde sa société de production, enchaîne les tournages, divorce et revient en France. Celle que Gustave Eiffel applaudira comme la « première femme à faire du cinéma », comptait plus de 600 films à son actif.
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